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Depuis quelques décennies, que de droits les femmes ont acquis par leur lutte !

Le droit à la contraception, à l’avortement, à disposer de leur corps comme elles l’entendent.
Le droit de choisir de travailler – ou non, l’accès à des métiers et à des postes jusque-là réservés aux hommes. Le droit de choisir de vivre maritalement ou en union libre, de choisir le ou la partenaire qu’elles souhaitent… et de se séparer. Le droit de gagner beaucoup d’argent, de voyager seules, de s’habiller comme elles le souhaitent, de décider de leur avenir…

Est-ce à dire que dans nos sociétés occidentales, le patriarcat n’est qu’un mauvais souvenir ?
Que l’égalité entre les femmes et les hommes est une chose sociétalement et intimement acquise ?
Que les femmes n’ont plus de raison de poursuivre leur combat ?

Sur le papier peut-être…
Mais quand on regarde notamment les dernières mesures prises par le gouvernement Belge, on peut s’inquiéter…

 

Partout, à différentes échelles, les droits des femmes sont menacés

Il faut reconnaitre que, dans nos sociétés occidentales, les droits des femmes ont largement progressé, et notre espace de liberté s’est élargi.

Certes, nous n’avons plus besoin de demander l’accord de notre père pour nous marier ou celui de notre mari pour ouvrir un compte en banque mais en 2025, les droits des femmes ne font toujours pas l’objet d’un consensus social.

50 ans après le vote de la loi Veil en France, le droit à l’avortement accuse un recul historique aux Etats Unis, en Pologne, en Hongrie. En Italie, la loi est là mais tout est fait pour qu’elle ne soit pas applicable. Aujourd’hui, à l’échelle mondiale40% des femmes vivent dans un pays restreignant l’accès à l’avortement.

Le droit à l’avortement est le fondement des droits des femmes.
Car avec ce droit, les femmes sont passées pour la première fois dans l’histoire de l’humanité du statut d’objet au statut de sujet.
Le droit de disposer de leur corps comme elles l’entendent octroie de facto aux femmes le droit de disposer d’elles-mêmes comme elles le souhaitent : décider de leur vie de femme, de leur carrière, à quoi allouer leur budget et leur temps…

Le droit à l’avortement est l’étendard de l’émancipation des femmes. Pas étonnant que ce soit le premier droit à être menacé en cas de crise économique, religieuse ou politique comme l’avait si justement annoncé Simone de Beauvoir.

Aujourd’hui, on constate dans plusieurs pays une forte montée des mouvements conservateurs qui prônent la famille hétérosexuelle comme valeur cardinale.
Mais cette remise en question des droits des femmes est aussi très certainement le backlash (retour de bâton) du mouvement MeToo de libération de la parole des femmes. Une partie des hommes, qui se sont sentis culpabilisés, agressés, menacés dans leur virilité, se sont réfugiés dans le « masculinisme », ce mouvement réactionnaire qui essentialise la différence homme/femme, réaffirme la masculinité conventionnelle, défend les privilèges masculins, et lutte contre les féministes.

Mais être féministe, ce n’est pas être contre les hommes !
C’est questionner une société, un système, dont nous faisons tous partie et dont nous payons tous le prix.

 

Ne nous trompons pas de combat…

Au-delà des lois, regardons les faits.
Dans notre société actuelle de très nombreuses injustices subsistent encore :

  • Les salaires demeurent inégaux entre les hommes et les femmes
  • Les inégalités de représentation dans les sphères de pouvoir persistent
  • Les tâches ménagères sont encore prises en charge à 72% par les femmes
  • Le mi-temps salarial est majoritairement féminin
  • Le travail de care (salarié ou familial) est encore l’apanage des femmes
  • En Belgique, l’écart de pension entre les hommes et les femmes est de 23%

Cela peut s’expliquer par le fait que, même si des lois existent, si tout n’est pas fait pour qu’elles soient applicables et appliquées, les choses ne peuvent pas changer.
Et aujourd’hui encore, « les mesures qui pourraient soutenir les femmes ne sont pas vues comme un investissement, mais comme un coût ». Sophie Rohonyi (Présidente de DéFI)

Mais, si ces situations, qui frustrent et appauvrissent tant de femmes, existent encore, c’est surtout que fondamentalement notre société n’a pas évolué.

Les mythes que la société véhicule, les normes qu’elle nous impose, les modèles qu’elle érige comme idéal de vie n’ont pas changés depuis des siècles.

Même si quelques modèles alternatifs arrivent à se frayer un chemin dans les médias, l’archétype masculin demeure celui de l’homme fort, protecteur, ambitieux, pourvoyeur des ressources, maitre de ses sentiments. Et l’archétype féminin celui de la femme douce, effacée, fragile, à l’écoute des autres et dans le don de soi.

Même les femmes très lucides et qui se définissent comme féministes peinent à sortir de ces mécanismes sociaux, psychiques et culturels tant ils sont ancrés dans notre éducation, notre histoire familiale, notre héritage transgénérationnel. Et il y a inconsciemment, chez la plupart d’entre nous, une sorte d’aspiration à être dans l’acceptation et le don de nous-même pour avoir l’impression de réaliser une part de notre être féminin. Au risque d’en payer le prix fort.

 

Et l’amour dans tout ça ? Ou comment le patriarcat sabote les relations amoureuses…

Si socialement les choses évoluent trop lentement, c’est dans la sphère intime qu’elles peinent encore plus à changer. Car, toute militante qu’on soit, comment prendre assez de recul pour questionner l’amour ?

Malheureusement, l’amour n’est pas un sanctuaire et les schémas éducatifs et culturels qui enferment les hommes et les femmes dans des positions antagonistes nuisent au couple et déséquilibrent la relation. (Mona Chollet)

Bon nombre d’entre nous pensons que l’amour suffit pour être attentif au bien-être de l’autre et prendre des décisions en ce sens, pour ne pas nuire à la personne qu’on aime et trouver des consensus équitables. Que les rapports de domination sont étrangers aux relations d’amour mutuel. Ce qui n’est malheureusement pas le cas…

Il est difficile d’imaginer – et d’accepter – que notre sphère intime soit elle aussi gérée par des schémas sociaux et politiques.
Derrière la beauté des sentiments, ce sont bien toujours les archétypes de genres que l’on retrouve. Et nos imaginaires romantiques sont abreuvés de stéréotypes dangereux.
Celui de l’érotisation du bad boy par exemple qui peut ouvrir la voie à certaines violences considérées comme « normales ».
Mais surtout cette sorte de sublimation de l’infériorité des femmes sur tous les plans, y compris au niveau physique (la femme devrait toujours être inférieure à l’homme en taille et en poids).
Ces représentations culturelles peuvent avoir des corollaires dramatiques dans nos rapports amoureux, comme celui de nous pousser à croire qu’il faut nous faire toute petite pour être aimée : ne pas nous mettre en avant ou nous affirmer, nous taire, ne pas être ambitieuse, ne pas gagner trop d’argent, être dans le don de soi, faire passer les besoins des autres avant les nôtres…

Notre éducation aussi nous pousse à avoir un rapport à l’amour très différencié.
Aujourd’hui encore, beaucoup de femmes sont conditionnées à croire que le couple est le seul lieu véritable d’épanouissement personnel, qu’il est un enjeu très fort pour leur valeur sociale mais aussi leur valeur profonde. Ce qui peut les pousser à tout faire pour que la relation fonctionne et perdure, y compris se sacrifier et s’oublier dans la relation.
Alors que les hommes, eux, sont éduqués de manière à avoir un rapport beaucoup plus détaché au couple et à l’amour.

Aujourd’hui, beaucoup de femmes éprouvent une grande lassitude, trop de frustrations, ont le sentiment d’un investissement beaucoup trop grand, dans leur relation de couple et dans la société en général. Le prix à payer pour trouver sa place, pouvoir s’épanouir et être aimée est trop élevé !

Alors, comment faire, comment agir ?

 

Réinventer nos rapports

L’amour est une des plus belles choses qui soient, et personne ne doit avoir à choisir entre ses convictions et ses sentiments !

Ici, ce n’est pas l’amour qui est remis en question, mais bien les conditions dans lesquelles nous sommes autorisés à le vivre. Ce n’est pas la relation amoureuse qui est dangereuse ou dommageable, mais plutôt la façon dont on la pense et dont on s’y projette. Et c’est pour cette raison que nous devons tous, hommes comme femmes, y travailler !

Tout d’abord, en prenant conscience de ces mécanismes insidieux qui conditionnent toutes nos relations et vont jusqu’à façonner nos rapports amoureux. Comprendre que tout l’amour et la meilleure volonté qui soient ne suffisent pas pour éviter les conséquences dramatiques que certains choix ou décisions peuvent engendrer.

Comprendre que nous sommes tous victimes de cette société patriarcale et de son système de catégorisation binaire des identités.
Messieurs, se battre contre les injonctions de genre revient à se battre aussi contre celles qui vous sont imposées. Et plutôt que d’avoir peur d’une soi-disant dévirilisation, vous pouvez envisager le féminisme comme un potentiel d’ouverture, une possibilité de faire enfin entendre votre voix intérieure par-delà la voie sociale qui vous est dictée.
Se battre contre le patriarcat, c’est aussi permettre à sa compagne d’être moins frustrée, moins soucieuse et dépendante quant à l’argent, moins épuisée physiquement et émotionnellement… et une femme qui s’épanouit individuellement est une femme qui peut s’épanouir (à tous niveaux) dans sa relation avec son partenaire.
(Découvrez dans cet autre article pourquoi l’homme à tout à gagner à être féministe sur le plan personnel et pour l’harmonie de son couple également !).

Agir, chacun·e à notre niveau.
Je ne suis pas descendue dans la rue. Mais, tous les jours, je me mobilise en écrivant des articles, en réalisant des vidéos et des interviews, des ateliers, pour faire prendre conscience des mécanismes qui nuisent aux femmes et aux hommes, dans leurs relations sociales et amoureuses. À ma petite échelle, j’essaye d’éveiller les consciences, j’alerte, j’explique, je transmets, je diffuse l’information… et bien sûr j’accompagne les femmes, et aussi les couples, dans leur chemin pour réinventer leur relation, et se réinventer eux-mêmes.
Sur le plan personnel, je parle beaucoup à mes filles de mon expérience personnelle, de ce que j’ai compris, appris… j’essaye de les guider vers une version plus alignée, plus épanouie et toujours plus libre d’elles-mêmes. Je discute beaucoup avec mon amoureux aussi de tous ces schémas tellement ancrés en nous que nous ne les remettons plus en cause. Et c’est en étant ouvert, à l’écoute, dans une démarche de compréhension profonde, qu’il m’offre une belle preuve d’amour.

 

Nous pouvons tous – hommes comme femmes – agir pour une société plus juste, équitable, et apaisée.

Nous avons tous – hommes comme femmes – tout à y gagner !

Aujourd’hui, nous devons poursuivre le combat pour ne plus avoir à nous battre.
Pour qu’un jour, bientôt j’espère, notre société change en profondeur et nous offre le plaisir de relations fluides, bienveillantes, sans rapports de force, sans tabous, sans craintes…
Un espace de vraie liberté dans lequel nous pourrons enfin profiter du bonheur de vivre ensemble dans toute notre richesse et notre diversité.

 

Vous souhaiteriez mettre des choses en place pour vous réaliser, ou réinventer votre relation de couple, mais vous ne savez pas comment faire… Vous sentez que vous auriez besoin d’aide sur ce chemin… Ne restez pas seule face à vos difficultés. Contactez-moi pour 1 séance Découverte gratuite de 30min sans engagement. Nous ferons plus ample connaissance et nous verrons ensemble comment je peux vous aider.

 

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Pour aller plus loin je vous invite à écouter les podcasts

Un retour en arrière pour les droits des femmes ? Déclic – le Tournant

Mona Chollet : (Pourquoi) l’amour fait mâle ? sur France Culture

Et lire

« Réinventer l’amour – comment le patriarcat sabote les relations hétérosexuelles » de Mona Chollet aux éditions Zones

« Le prix à payer – ce que le couple hétéro coûte aux femmes » de Lucille Quillet aux éditions LLL Les Liens qui Libèrent

Maintenant également disponible en bande dessinée
« Le prix à payer – pourquoi le couple hétéro appauvrit les femmes et nuit à l’amour » de Lucille Quillet et Tiffany Cooper aux éditions Leduc

 

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