« Ce qui était vrai ou important au matin de votre vie
peut cesser de l’être dans son après-midi. » Carl G. Jung

Depuis quelque temps, vous ressentez un certain mal-être, une confusion, une tristesse profonde… Vous vous sentez insatisfaite et troublée, vous avez le sentiment que votre vie ne vous correspond plus, sans arriver à déterminer exactement pourquoi…

Bien sûr, vous pouvez nier les émotions ou les pensées qui traversent votre esprit, essayer de résister à ce mouvement intérieur qui semble menacer de détruire ce que vous avez construit jusqu’à maintenant… Mais aussi fort que vous tentiez de résister, vous ne pouvez pas échapper aux messages qui s’imposent à vous.

Et c’est une bonne chose ! Car, si inconfortables et déstabilisantes qu’elles puissent être, ces émotions sont le signe que le moment est venu pour vous de vous reconnecter à vous-même, en transformant la personne que vous croyez être en la personne que vous êtes véritablement au plus profond de vous.

Cette transformation intérieure qui survient vers 40/55 ans est un défi auquel peu d’entre nous sont préparées. Mais bien que douloureux, ce processus est extrêmement fécond. Pour peu qu’on prenne conscience de ce qui se passe en nous et qu’on sache comment bien accompagner les changements qui s’opèrent.

Alors, comment faire de ce moment de confusion une opportunité de croissance et d’épanouissement ?

Un besoin d’accomplissement et de plénitude qui vient du plus profond de notre être

Cette dynamique intérieure qui nous pousse à nous réaligner avec l’authenticité de notre être, le psychanalyste suisse Carl G. Jung l’a nommé le « processus d’individuation ».

Il consiste à réévaluer la manière dont on a conduit notre existence jusqu’à maintenant afin d’en (re)définir les fondements.

Il se déroule en 5 grandes étapes qui, petit à petit, vont donner du sens et de la cohérence à nos déstabilisants – voire inquiétants – mouvements intérieurs. Cette progression ne se fait pas forcément de façon linéaire. Certains jours nous reculons pour mieux avancer le jour d’après… C’est normal, et ce n’est pas grave ! Car la seule chose véritablement importante pour que le processus d’individuation aboutisse à un réel épanouissement, c’est de l’accueillir et de l’accompagner le plus consciemment possible.

En ayant le courage de nous confronter à nos peurs, d’affronter notre résistance au changement et de nous ouvrir à qui nous sommes véritablement, la liberté de façonner notre propre existence nous appartient.

Quelles sont les grandes étapes du processus d’individuation ?

1 – La phase d’accommodation

Dans la première moitié de notre vie, nous sommes essentiellement tournées vers l’extérieur. Nous avons besoin du regard, de l’approbation, de la reconnaissance et de l’amour des autres pour exister. Nous nous construisons donc en fonction de ce que les gens (nos parents, nos amis, nos collègues, notre partenaire…) attendent de nous.

Les premiers temps de notre vie sont ainsi largement consacrés à la construction de nous-même en tant « qu’être social ». Cette phase est indispensable à notre développement car elle nous permet de nous situer au sein de notre famille et de notre groupe amical et professionnel. Mais elle à un prix. Car elle implique une « accommodation » de notre personnalité et de notre identité pour devenir ce que nous croyons devoir être pour exister aux yeux d’autrui.

Cette dimension de notre personnalité qui se construit durant la première moitié de notre vie, Jung l’a prénommée la Persona. La plupart du temps, nous nous identifions fortement à notre persona – à ce que nous donnons à voir de nous aux autres – au point de croire que cette image correspond exactement – et entièrement – à qui nous sommes.

En réalité, nous sommes bien plus complexes, profondes, et riches que ce rôle dans lequel nous nous cantonnons depuis tant d’années ! Mais, par peur, par raison, par manque d’encouragement, à cause de contraintes extérieures… nous avons abandonné des projets qui nous tenaient pourtant à cœur, nous avons choisi de taire une partie de nos aspirations et de nos rêves, nous avons bridé certains des aspects qui nous caractérisent.

2 – La déstabilisante prise de conscience

À force d’étouffer certains aspects de nous-même qui sont en conflit avec l’image que nous nous sommes construite, d’essayer d’être ce que nous ne sommes pas, d’être constamment en contradiction avec ce que nous sentons intuitivement… émergent progressivement vers 40/55 ans un malaise profond, une lassitude intense, un sentiment d’insatisfaction et d’incomplétude…

Le constat est là : quelque chose ne va plus dans la manière de mener notre existence. Nous ressentons puissamment un décalage entre ce que nous donnons à voir et ce que nous sommes réellement. Nous en venons à nous demander qui se cache derrière ce masque : reflète-t-il qui je suis réellement ? Tout ce que je suis ? Suis-je devenue celle que je rêvais d’être ? Qu’est-ce qui me manque ?

Alors qu’on était jusque-là tournées vers l’extérieur, le plaire, la quête d’amour, une tension dans le sens opposé commence à se faire sentir, vers plus d’intériorité, d’intime, d’authenticité.

Ressentir la cohérence à laquelle nous aspirons nous donne la force d’avancer. Et d’affronter les peurs qui ne manquent pas de réapparaitre, « ces loyautés inconscientes qui nous laissent croire que devenir nous-même équivaut à trahir notre histoire, nos proches. » Anne Dufourmantelle

3 – La douloureuse confrontation

Cette phase est un temps de grande fragilité psychique car, en un sens, elle peut s’apparenter à une période de deuil. Elle signe la fin de cette partie de nous-même à laquelle nous nous sommes si puissamment identifiées pendant toute la première partie de notre vie. Car la partie « illusoire » de notre identité doit disparaitre pour laisser la place à ce que nous sommes profondément.

Ainsi, ce qui nous déprime lors de la transition de milieu de vie est moins le deuil de notre jeunesse (comme on le croit trop souvent) que celui de la personne que nous avons cru être.

Cette étape est déstabilisante, troublante, et douloureuse… Ce qui peut pousser certaines à nier le changement qui est en train de s’opérer en elles. À s’arcbouter contre cette dynamique intérieure, à essayer d’étouffer cette part fondamentale d’elle-même qui commence à s’exprimer.

Mais c’est inutile… le processus est en chemin. Et seul le lâcher-prise permet que s’opère le remaniement profond qui a commencé et qu’arrive à la surface ce qui cherche à exister.

Pour tendre vers plus de paix et de plénitude, la clef est de ne pas nier, mais bien au contraire de reconnaitre, d’accepter et d’accueillir consciemment tout ce qui émerge en nous. Les aspects positifs que nous avons autrefois étouffés, tout comme les aspects négatifs que nous avons refoulés (colère, rancœur, agressivité, jalousie…) qui sont aussi une composante de ce que nous sommes en tant qu’être humain.

4 – S’ajuster à soi-même et choisir à nouveau sa vie

Cette phase est marquée par le désir de ne plus se trahir ou de ne plus s’abandonner pour obtenir l’amour des autres, comme nous avons pu le faire par le passé. Une nouvelle exigence d’honnêteté et d’intégrité intellectuelles, psychologiques et spirituelles commencent à se faire sentir, conduisant à refuser plus facilement ce que l’on sent désormais être contraire à cette nouvelle définition de nous-même que nous sentons émerger. Peu à peu nous découvrons la liberté de dire un vrai « oui » ou un vrai « non » en fonction de ce qui est réellement bon pour nous.

C’est aussi le moment où nous prenons mieux conscience de ce qui a été non-vécu dans notre histoire. Les choses qui résultent de choix d’autrefois et qu’on ne peut plus changer. C’est une autre sorte de deuil, plus conscient, et plus serein, qui permet d’éliminer définitivement des frustrations qui trainaient dans notre cœur depuis des années.

On peut alors commencer à réorganiser ses priorités de vie en tournant son attention vers des chemins jusque-là inexplorés et qui restent dans le domaine des possibles.
Cela peut être : se mettre à faire du sport, reprendre une activité artistique qu’on pratiquait dans notre jeunesse… Mais cela peut aussi revêtir une tout autre dimension : comme cesser de prendre soin des autres de façon quasi compulsive , faire face au schéma de dépendance affective qui nous a conduit à choisir la voie de la sécurité plutôt que celle de l’authenticité. Accepter de regarder les blessures du passé – celles que nous avons reçues, mais aussi celles que nous avons infligées. Sauter le pas et oser changer de carrière professionnelle pour embrasser enfin une activité peut être moins lucrative mais source de plus de gratification personnelle…

5 – Dernière étape : l’individuation – L’intégration pleine et entière de toutes les dimensions de notre être

À force de questionnements, nous sommes enfin arrivées à un point d’évidence. Nous savons ce dont nous ne voulons plus, ce qui nous permet de nous engager vers une autre manière de vivre dans laquelle nous nous sentons davantage nous-même – plus heureuse, plus vibrante, plus vivante.

La dernière étape du processus d’individuation est le temps où nous parvenons enfin à assumer sans trop de conflits intérieurs les différents aspects qui nous composent. Et nous nous sentons prêtes à les assumer paisiblement.

Nous avons compris que, pour accéder à la plénitude, il nous suffit d’être simplement nous-même, avec nos qualités, nos défauts, notre histoire, nos envies et nos aspirations parfois opposées ou contradictoires. Dans toute notre richesse, notre créativité, notre ingéniosité, notre beauté, notre profondeur, notre capacité d’amour.

Nous nous révélons à nous-même, et en cela, nous nous ouvrons au monde, d’une manière plus vaste, plus harmonieuse et plus profonde.

Le mal-être que nous pouvons ressentir au milieu de notre vie est paradoxalement la meilleure chose qui puisse nous arriver. Car il nous pousse à une remise en question profonde sans laquelle il est impossible de cheminer vers soi. Un chemin difficile, douloureux, souvent long, mais qui ouvre sur l’immensité. Celle de la plénitude, de l’harmonie, du vaste monde qui nous entoure et de notre incroyable richesse intérieure.

 

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* Source : Maintenant ou jamais – La vie commence après 40 ans de Christophe Fauré aux éditions Albin Michel

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