« Toute dépendance nait d’un refus inconscient à faire face à sa propre souffrance et à la vivre » Eckhart Tolle

 

Il est tout à fait normal d’être attachée à son conjoint, à sa famille, à ses amis. Mais quand le besoin de l’affection des autres devient excessif, c’est le signe d’une dépendance affective.

Une personne dépendante affectivement a beaucoup de difficultés à vivre par et pour elle-même. Elle est profondément convaincue qu’elle ne peut exister qu’à travers le regard, l’amour ou l’approbation des autres.

Ce schéma relationnel est extrêmement toxique et néfaste. La dépendance affective est non seulement source d’une immense souffrance psychologique et émotionnelle, mais elle amène par ailleurs la personne dépendante à nier ses besoins, bafouer ses valeurs, et faire d’elle-même une personne qu’elle n’est pas, jusqu’à, dans les cas les plus extrêmes, effacer totalement sa vraie personnalité.

Alors, comment faire la différence entre l’amour et la dépendance affective ?

Qu’est-ce que la dépendance affective ?

Une personne dépendante affectivement souffre d’un grand manque de confiance en elle dans tous les domaines de sa vie. Elle a l’impression d’être sans substance, sans valeur, et pense qu’elle est peu – sinon pas du tout – digne d’amour et d’intérêt.

En amitié, en amour, au travail, cette croyance négative affecte toutes ses relations à autrui.

Pour obtenir le regard d’approbation qu’elle croit lui faire tant défaut, la personne dépendante affectivement adopte la stratégie du « plaire à tout prix » : elle sacrifie ses propres besoins pour répondre en priorité à ceux des autres, elle rend service même quand cela lui coûte, elle évite les conflits autant que possible… En amour, elle va s’effacer devant son partenaire, se soumettre à la plupart de ses demandes, rechercher constamment et en toute chose son approbation.

Pour obtenir l’affection et la valorisation dont elle a besoin, « elle se transforme en un véritable caméléon, convaincue que c’est en devenant ce qu’elle s’imagine que les autres attendent d’elle, qu’elle sera aimée. Elle tente d’être ce qu’elle n’est pas, en espérant devenir ce qu’elle croit que les autres souhaitent qu’elle soit ! » (Christophe Fauré)

Incapacité à se valoriser, manque de sécurité chronique, douloureuse sensation de vide… la faille de confiance de la plupart des personnes dépendantes trouve son origine dans l’enfance. L’absence d’un regard parental suffisamment bienveillant par exemple crée un manque que la personne va chercher toute sa vie à combler par l’autre. Et tout particulièrement par son partenaire amoureux.

C’est malheureusement une quête perdue d’avance ! Car personne, à part soi-même, ne peut combler un vide intérieur.

Pourquoi la dépendance affective est-elle la source de relations toxiques ?

Que ce soit en amitié ou en amour, la dépendance affective est un frein à des relations saines car elle n’est pas motivée par l’amour véritable mais par le besoin de combler un vide intérieur et la peur – la peur de l’abandon.

Sans même s’en rendre compte, la personne dépendante affectivement va faire peser un poids énorme sur son couple ou sa relation d’amitié en adoptant la stratégie du « donnant-donnant » :  je réponds à tous tes besoins ou demandes mais, en retour, j’attends que tu me fasses exister par ton regard, tes marques d’appréciation, ton attention constante.

Ce n’est pas vraiment de l’amour… L’autre n’est finalement qu’un instrument pour apaiser sa propre angoisse.
« Même si le mot est un peu fort, c’est une sorte de « toxicomanie affective » où le dépendant « consomme » l’autre pour compenser ses carences du passé. » (Christophe Fauré).

Malheureusement, dans la plupart des cas, la personne dépendante finit par engendrer elle-même ce qu’elle redoute le plus… Étouffé par ses demandes affectives incessantes et jamais satisfaites, à bout de nerfs à force de pression constante, le compagnon va fuir, les amies se libérer, la personne dépendante est abandonnée.

Peut-on sortir de la dépendance affective ?

Pour sortir de la dépendance affective, la clef est de prendre conscience des schémas répétitifs qui mènent constamment à l’échec et comprendre les fondements de leur développement. Mais aussi accueillir et accepter la peur, les émotions négatives et la souffrance.

« Si on ne peut pas complètement changer sa personnalité, on peut en revanche réduire ce trait grâce à un travail de développement personnel ».

Tout le comportement de la personne dépendante repose sur la croyance qu’elle n’a aucune valeur. Elle doit donc arriver à re-connaitre sa valeur pour pouvoir se percevoir sous un autre jour. Le sport, l’expression artistique ou la méditation sont autant d’activités qui pourront l’aider à se connaître davantage et donc, à gagner en confiance.

Comprendre aussi qu’autrui ne pourra jamais combler son vide intérieur mais qu’il est possible de développer des ressources pour apprivoiser ce vide. La peur de se retrouver seule peut être vaincue par quelques exercices simples comme aller au cinéma toute seule, passer une nuit en solitaire etc. Autant de petites victoires qui témoignent d’une maîtrise retrouvée et qui doivent être fêtées.

Grâce à un travail d’introspection, la personne dépendante « va apprendre à se reconnecter à elle-même sans chercher à être quelqu’un d’autre, à ses désirs, à ses besoins et à ses émotions et découvrir progressivement sa propre valeur, en cessant de croire que cela ne peut venir que de quelqu’un d’extérieur. » (Christophe Fauré)

Pour en finir avec la dépendance affective il faut de la douceur et de la compassion : se donner beaucoup d’amour à soi. Mais aussi, « il faut de l’audace, sortir de sa torpeur, aller de l’avant et se visualiser libérée. Autrement dit, oser être heureuse ! » (Geneviève Krebs).

Ce chemin est difficile, et une aide extérieure est souvent nécessaire pour aider à désamorcer les peurs les plus handicapantes. Mais mené avec courage et détermination, ce travail sur soi aboutit progressivement à un réel apaisement et ouvre la voie à des relations amoureuses ou d’amitié saines et durables.

La dépendance affective est douloureuse et extrêmement handicapante puisqu’elle pollue toutes les relations. Elle n’est pas irréversible mais pour la vaincre, il est absolument nécessaire de la reconnaître et de l’accepter. Le travail est long et douloureux… Mais le bienfait qu’on en retire est énorme : « l’amour de soi et des autres sans condition, la réalisation de projets laissés de côté, une meilleure gestion des émotions, une communication plus transparente et non-violente et, surtout, une vraie joie de vivre. »

 

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Pour aller plus loin, je vous conseille l’excellent ouvrage de Geneviève Krebs « Dépendance Affective – Six étapes pour se prendre en main et agir » aux Editions Eyrolles

 

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