« Le maintien de l’empathie pour les autres commence par de la compassion pour nous même » -Kristin Neff & Christopher Germer-

La période que nous traversons nous confronte à beaucoup de souffrances.
Je pense tout particulièrement à nos parents qui souffrent de leur isolement et voient avec angoisse la perspective d’un Noël bien différent des autres années, mais aussi à nos enfants. Plus de fêtes entre amis, plus de sport d’équipe, l’école derrière un écran, un avenir incertain…Bref pas facile non plus d’être un ado en 2020.

Alors comment accompagner au mieux ceux qu’on aime et qui nous sont proches sans nous perdre ?

Tout d’abord, si c’est difficile pour vous d’être confrontée à la souffrance de vos proches, c’est normal !
En effet, les dernières recherches scientifiques démontrent que lorsque nous sommes présents pour les autres alors qu’ils éprouvent de la douleur nous ressentons littéralement la douleur à l’intérieur de nous-même. Et cette souffrance est d’autant plus forte lorsque ce sont nos proches qui souffrent, nous ressentons leur douleur comme étant la nôtre.

Cela est évidemment terriblement inconfortable et déstabilisant. De plus, cela peut faire surgir des peurs ou des souvenirs douloureux de nos propres vies. Du coup lorsque cette douleur, cet inconfort deviennent trop forts pour nous, nous avons tendance à mettre en place diverses manœuvres pour éviter ou à tout le moins réduire nos souffrances. Par exemple, nous allons nous perdre dans nos pensées ou même carrément cesser d’écouter l’autre. Ou encore si vous avez une âme de « solutionneuse » de problème, vous allez être tentée de « réparer » la douleur de celui ou celle qui souffre.

Or en faisant cela, vous n’aidez pas l’autre. Au contraire, vous ne faites qu’empirer la situation. Vous ne répondez pas au besoin de votre proche qui lui espérait consciemment ou inconsciemment être écouté et recevoir de la compassion.

Alors comment rester connectée et maintenir le lien émotionnel quand c’est difficile pour vous ?

C’est ici que la pratique d’autocompassion* en pleine conscience peut vous être d’un grand secours. Pour rester connectée et maintenir le lien émotionnel avec l’autre, vous devez d’abord rester en contact avec vous-même. Vous devez être consciente de votre propre détresse empathique et faire preuve de compassion envers vous-même. Lorsque vous êtes ouverte et que vous acceptez vos réactions à l’égard de la personne qui parle et que vous avez de la compassion pour la difficulté qu’il y a parfois à l’écouter, vous permettez à l’autre de parler sans avoir besoin de l’interrompre ou de vous distraire pendant la conversation.
Une technique très simple à appliquer lorsque cela devint trop douloureux d’écouter l’autre, est de vous offrir une longue et réconfortante inspiration. Vous pouvez aussi mettre une main sur votre cœur pour vous apaiser. C’est tout simple, étonnamment simple, mais tentez l’expérience. Je vous garantis que cela vous permettra d’écouter plus facilement, d’être totalement présente non seulement pour l’autre mais aussi pour vous.

Cependant, dans certaines circonstances, la personne qui souffre a non seulement besoin d’écoute et de compassion mais elle a aussi besoin que vous l’aidiez à trouver des solutions.

Dans ce cas, comment ne pas tomber dans le piège que beaucoup d’entre nous connaissent : se positionner en sauveur. Nous pensons aider l’autre mais nous le rendons dépendant et incapable de se débrouiller par lui-même.

Christelle Petitcollin** spécialiste de la question attire notre attention sur les pièges à éviter pour ne pas tomber dans des interactions frustrantes et notamment dans les récriminations du style « après tout ce que j’ai fait pour toi…. »

Voici les conseils qu’elle nous livre afin de mette en place une relation d’aide saine.

Tout d’abord, la demande d’aide doit être clairement verbalisée.

« Toute demande non exprimée n’a pas à être satisfaite »

Si votre proche reste dans la plainte en attendant que vous proposiez une solution, ne tombez pas dans le piège, clarifiez la demande : « que veux-tu de moi ? qu’attends-tu de moi ? »
Si la demande d’aide doit toujours précéder l’offre, vous pouvez bien entendu aider l’autre à se connecter à son émotion et à exprimer son besoin.

Ensuite, l’offre d’aide doit être cadrée dans le contenu et dans le temps.

Pour ne pas devenir celle qui s’occupe de tout, tout le temps et pour toujours, soyez claire sur l’aide que vous apportez : « voilà ce que je peux faire pour toi, jusqu’à …puis nous ferons ensemble le point sur ta situation. »

Enfin, ne faites jamais faire plus de 50% du chemin, l’aide doit viser le retour à l’autonomie.

Ainsi vous ne vous retrouverez pas dans la situation absurde où vous vous démenez alors que l’autre attend passivement que vous le sortiez de ses problèmes. Vérifiez qu’il ou elle collabore activement à son propre sauvetage.
N’oubliez pas que la gentillesse à court terme se révèle souvent être une cruauté à long terme.
Lorsque vous offrez votre aide, posez-vous systématiquement la question : « en faisant cela est-ce que je l’amène à l’autonomie ? » Par exemple en lui montrant comment faire pour la prochaine fois ou au contraire, je l’infantilise et le rend dépendant ?

En gardant ces différents points en tête, vous avez maintenant non seulement les clés d’une aide efficace mais vous pourrez également écouter vos proches avec compassion et leur apporter le réconfort nécessaire sans vous perdre.

J’espère que ces quelques conseils vous aideront à garder le cap et traverser au mieux cette période difficile.

 

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*Pour en savoir plus je vous invite à découvrir le merveilleux livre de Kristin Neff & Christopher Germer « Mon cahier d’autocompassion en pleine conscience » aux Éditions De Boeck.

** Christelle Petitcollin, victime, bourreau ou sauveur : comment sortir du piège ? aux Editions Jouvence

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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